L’enfance de l’amour, c’est quand on aime être aimé ; la jeunesse de l’amour, c’est lorsqu’on aime aimer ; la plénitude de l’amour, c’est aimer, aimer tout court. Aimer l’autre, pas pour en tirer reconnaissance ou gratification, mais l’aimer pour lui-même. En termes d’Evangile, c’est aimer comme le Christ nous a aimés. Il a aimé ses disciples profondément, de pur amour, sans mesurer son amour à leurs qualités personnelles, sans attendre de retour.Cet homme, qui était si sensible à la beauté, a aimé de suite la Villa St Régis, spacieuse, belle et chaleureuse, son environnement sur les hauteurs de la ville, et son parc, qu’il a arpenté de long et en large pour des exercices, non pas spirituels mais physiques, après un premier accident cardiaque.
Ayant été en son temps directeur de Notre Dame des Coteaux, il était heureux aussi de se retrouver dans le cadre d’un centre spirituel, et même s’il ne faisait pas directement partie de l’équipe jésuite des Coteaux Païs, il a très vite souhaité participer aux activités : retraites, accompagnement spirituel, supervision, mise en place des Semaines de prière accompagnée... Comme directrice du Centre à cette époque, j’ai été heureuse de bénéficier de la richesse de son expérience, de sa compétence, de son écoute bienveillante et je voudrais ici le remercier de sa présence fraternelle et pleine de sagesse.
Au fil des mois, nous avons assisté à ses côtés, à la lente dégradation de sa santé, et à son « abandon en d’autres mains », comme il l’écrivait dans les Nouvelles des Coteaux Païs de Pâques 2009. Nul doute qu’il avait fait siennes ces paroles de St Paul, entendues lors de ses obsèques :
Il a su ouvrir un chemin vers le Christ à bon nombre de personnes proches ou éloignées de l’Eglise. Il leur a donné de vivre leur parcours propre comme une authentique histoire sainte, d’où
qu’ils viennent.
Au Centre spirituel Notre Dame des Coteaux, dans l’esprit de Vatican II, il suscita de mémorables rencontres interculturelles, interreligieuses, sociétaires, où étaient accueillis croyants, incroyants, personnes proches ou à distance de l’Eglise... Beaucoup de celles et ceux qui y participèrent en ont vu leur propre vie transformée.
Enfin, il eut toujours à cœur d’orienter le regard vers ce qui pouvait révéler la beauté du monde créé, dans une permanente et vivifiante action de grâce.
Solide, Antoine a été un « pilier » pour sa famille et ses amis. Capable de faire des kilomètres pour soutenir des solitudes, un malade, une famille en deuil, il a célébré des funérailles, dénoué des conflits, baptisé, marié, accepté de bon cœur des invitations festives où il rayonnait.
Homme inspiré, au jugement sûr, il écoutait avec bienveillance et une égale attention l’inconnu comme l’ami, le débutant comme l’ignatien aguerri, mémorisait l’histoire de chacun et l’aidait à se mettre debout : détecteur de points forts, aidant à surmonter les inerties, à déposer les fardeaux, il invitait à « se décider », et ouvrait à une liberté nouvelle. Bien des trajectoires humaines et spirituelles ont été par lui vérifiées, réajustées, éclairées.
Sous le regard d’Antoine, chacun se sentait unique. Ce fut sa force, c’est notre force.
De retour à Toulouse, il poursuivit une intense activité d’accompagnement et notre équipe MCC eut la joie d’en bénéficier. Ses capacités d’analyse, tant sociologiques qu’économiques, son approche fine du monde d’aujourd’hui, sa lucidité furent des appuis précieux pour notre réflexion. Son amour de la Parole de Dieu, sa connaissance profonde de la pensée de St Ignace nous invitaient, avec une autorité toute amicale, à creuser nos désirs et à changer nos comportements pour de venir davantage disciples du Christ dans nos vies professionnelles, sociales, familiales.
Merci Antoine !
Présentation d’A. MALESCOURS, par le Père Guillemot, sj, Vice Provincial de France
Homélie Funérailles par le Père Jean-Marc Furnon, sj